coude

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Douleur coude

La douleur au coude peut apparaître brutalement après un effort ou s’installer progressivement, avec une gêne lors de certains mouvements, une perte de force ou des sensations inhabituelles.
Selon sa localisation (interne, externe ou postérieure), les causes ne sont pas les mêmes. Elle peut être liée à une atteinte tendineuse, articulaire ou osseuse, à une arthrose du coude, ou plus rarement à une atteinte neurologique par irritation d’un nerf.
Identifier la zone douloureuse et les signes associés permet de mieux comprendre l’origine de la douleur et de savoir quand un avis spécialisé est nécessaire.

Homme présentant une douleur au coude pouvant évoquer une tendinopathie ou une arthrose

Résumé : ce qu’il faut retenir

  • La douleur au coude peut avoir plusieurs origines : tendineuse, articulaire, osseuse, ligamentaire ou plus rarement neurologique.
    La localisation de la douleur, interne, externe ou postérieure, aide souvent à orienter le diagnostic.
  • Les atteintes tendineuses sont les plus fréquentes, en particulier lors de gestes répétitifs ou d’efforts prolongés.
    Elles peuvent concerner les tendons fléchisseurs ou extenseurs, mais aussi le biceps ou le triceps.
  • L’arthrose du coude est plus rare, mais peut entraîner des douleurs mécaniques, une raideur articulaire et une diminution progressive de la mobilité.
  • Une atteinte ligamentaire ou osseuse doit être évoquée en cas de traumatisme, de douleur brutale ou de sensation d’instabilité.
  • Des signes neurologiques comme des fourmillements, un engourdissement ou des irradiations dans l’avant-bras ou la main peuvent traduire une irritation nerveuse, notamment sur la face interne du coude.

La persistance de la douleur, son aggravation ou l’apparition de signes inhabituels justifient une évaluation spécialisée afin d’en préciser la cause et d’adapter la prise en charge.

Quels signes doivent vous alerter et quand consulter ?

Certaines situations doivent inciter à demander un avis spécialisé afin d’identifier précisément l’origine de la douleur et d’éviter une aggravation.

  • Une douleur persistante ou qui s’aggrave malgré le repos ou les traitements simples.
    Une évolution défavorable peut traduire une atteinte tendineuse, articulaire ou osseuse nécessitant une prise en charge adaptée.
  • Une gêne fonctionnelle dans la vie quotidienne, au travail ou lors de la pratique sportive.
    La difficulté à porter des charges, à écrire, à saisir des objets ou à reprendre le sport n’est jamais anodine.
  • Une perte de force au niveau du bras ou de l’avant-bras.
    Elle peut être liée à une atteinte musculaire, tendineuse ou neurologique.
  • Des douleurs nocturnes, surtout si elles réveillent la nuit.
    Ce type de douleur doit faire rechercher une cause inflammatoire ou articulaire.
  • Un gonflement, une raideur ou une sensation de blocage du coude.
    Ces signes peuvent évoquer une atteinte articulaire, une arthrose ou un épanchement.
  • Des fourmillements ou des irradiations vers l’avant-bras, la main ou les doigts.
    Ils peuvent traduire une irritation ou une compression nerveuse, notamment sur la face interne du coude.
  • Une douleur survenue après un traumatisme, même modéré.
    Une chute ou un choc peut entraîner une lésion osseuse ou ligamentaire passée inaperçue.

En cas de doute, de douleur durable ou de retentissement fonctionnel, une consultation spécialisée permet de poser un diagnostic précis et de proposer un traitement adapté, qu’il soit médical, rééducatif ou chirurgical selon la situation.

Les 6 questions que j’entends le plus en consultation

Vais-je pouvoir reprendre le sport ?

Oui dans la majorité des cas. Après une rupture ou une suture, l’évolution est généralement bonne avec une rééducation adaptée. Les tendinopathies, surtout chroniques, nécessitent souvent un retour plus progressif.

Mes activités quotidiennes vont-elles être affectées ?

Oui, surtout en phase douloureuse. Les gestes répétitifs au travail ou à la maison peuvent aggraver les symptômes et justifier des adaptations temporaires.

Y a-t-il un risque de récidive ?

Oui en l’absence de prévention. Sans étirements, renforcement et correction des gestes sollicitants, le risque de récidive est plus élevé.

La chirurgie est-elle indispensable ?

Rarement. La majorité des douleurs du coude évoluent favorablement avec des traitements conservateurs comme la kinésithérapie, le repos adapté et parfois des infiltrations.

Comment soulager une douleur du coude ?

Le traitement repose sur les antalgiques, parfois les anti-inflammatoires, la kinésithérapie et, dans certains cas, le port d’une attelle. Des infiltrations, dont le PRP, peuvent être proposées si la douleur persiste.

Combien de temps faut-il pour guérir ?

Cela dépend de la cause et de l’ancienneté. Les formes aiguës s’améliorent souvent en quelques semaines, tandis que les formes chroniques nécessitent parfois plusieurs mois.

Les causes les plus fréquentes de douleur du coude

Douleur externe du coude chez une joueuse de tennis, typique d’une épicondylite latérale

Les atteintes tendineuses sont la cause la plus fréquente des douleurs du coude.
Elles sont liées à une sursollicitation mécanique répétée, professionnelle ou sportive, entraînant une altération progressive du tendon.
La localisation de la douleur permet souvent d’orienter le diagnostic.

Douleur latérale (externe) du coude : épicondylite externe

Tennis elbow

L’épicondylite latérale, ou tennis elbow, est la forme la plus fréquente de tendinopathie du coude.
Elle touche les tendons des muscles extenseurs du poignet, au niveau de la face latérale du coude.

La douleur est située sur le côté externe, peut irradier vers l’avant-bras et est aggravée par la pré­hension, l’extension du poignet ou les gestes répétitifs.
Elle concerne aussi bien les sportifs que les personnes effectuant des mouvements prolongés au travail ou sur ordinateur.

Douleur médiale (interne) du coude : épicondylite interne

Golfer’s elbow

L’épitrochléite, ou golfer’s elbow, atteint les tendons des muscles fléchisseurs de l’avant-bras, sur la face médiale du coude.

La douleur est localisée sur le côté interne, augmentée lors de la flexion du poignet, de la pronation ou lors de la saisie d’objets.
Elle est moins fréquente que le tennis elbow et survient surtout dans les sports de lancer, le golf ou certaines activités professionnelles avec torsions répétées.
Une irritation du nerf ulnaire peut parfois être associée.

Douleur antérieure du coude : tendinopathie du biceps distal

La tendinopathie du biceps distal se manifeste par une douleur sur la face antérieure du coude, parfois irradiant vers l’avant-bras.

Elle apparaît lors des efforts de flexion et de supination, notamment lors du port de charges lourdes.
Bien que rare, elle doit être identifiée car elle peut évoluer vers une rupture du tendon.

Douleur postérieure du coude : tendinopathie du triceps

La tendinopathie du triceps provoque une douleur sur la face postérieure du coude, accentuée lors de l’extension contre résistance.

Elle est peu fréquente et survient surtout lors d’efforts explosifs, de sports de force ou après un traumatisme direct.

Causes nerveuses de la douleur au coude

Les causes nerveuses sont liées à une compression ou une irritation d’un nerf périphérique au niveau du coude.
Elles peuvent imiter une tendinopathie ou y être associées. La plus fréquente est l’atteinte du nerf cubital, également appelé nerf ulnaire.

Compression du nerf cubital (syndrome du tunnel cubital)

La compression du nerf cubital au coude est la neuropathie de compression la plus fréquente au niveau du coude, et la deuxième au membre supérieur après le canal carpien.

Elle survient le plus souvent dans la région rétro-épicondylaire, sur la face médiale du coude.
Les causes sont multiples :
postures prolongées en flexion du coude (travail de bureau, sommeil), traumatismes répétés, contraintes mécaniques, ou anomalies anatomiques locales.
Certaines pathologies comme l’arthrose du coude peuvent également favoriser la compression.

Cette atteinte est plus fréquente chez l’homme et après 50 ans, avec une incidence estimée autour de 20 à 30 nouveaux cas pour 100 000 personnes par an.

Irradiations et fourmillements

Les fourmillements, engourdissements ou irradiations vers l’avant-bras, la main et surtout les 4e et 5e doigts sont caractéristiques d’une atteinte du nerf cubital.

Ces symptômes sont souvent majorés lors de la flexion du coude ou lors d’un appui prolongé sur la face interne.
Dans les formes évoluées, une perte de force ou une fonte des muscles de la main peut apparaître.

Douleur interne ou postérieure du coude

La douleur nerveuse est habituellement localisée sur la face médiale ou postérieure du coude, avec une irradiation possible vers l’avant-bras ou la main.

Elle peut être déclenchée par la pression locale, certains mouvements ou un appui prolongé, et s’accompagner d’une hypersensibilité au niveau du trajet du nerf.
Cette localisation correspond au site le plus fréquent de compression du nerf cubital.

Causes ligamentaires de la douleur au coude

Les causes ligamentaires correspondent à une atteinte des structures stabilisatrices du coude, le plus souvent après un traumatisme ou dans un contexte de contraintes répétées.
Elles concernent principalement les ligaments collatéraux médial et latéral, essentiels à la stabilité de l’articulation.

Entorse du coude

L’entorse du coude correspond à une lésion ligamentaire, allant de l’étirement simple à la rupture complète.
Elle survient classiquement après une chute sur la main, un traumatisme direct ou un mouvement forcé en valgus ou varus.

Les symptômes associent une douleur aiguë, un gonflement et parfois une sensation d’instabilité.
Sans prise en charge adaptée, certaines entorses peuvent évoluer vers une laxité persistante.

Instabilité post-traumatique

L’instabilité du coude apparaît le plus souvent après un traumatisme important, comme une entorse sévère ou une luxation.
Elle se traduit par une sensation de dérobement, des douleurs à certains mouvements ou des épisodes de subluxation.

Cette instabilité peut rester longtemps méconnue et devenir chronique, entraînant une gêne fonctionnelle durable, en particulier chez les sportifs ou les personnes sollicitant fortement le coude.

Douleurs à l’effort ou aux appuis

Certaines douleurs ligamentaires se manifestent surtout lors de l’effort, des appuis prolongés ou de gestes contraignants.
Elles sont souvent liées à une instabilité modérée ou micro-traumatique, sans rupture franche.

Ces douleurs apparaissent typiquement lors des sports de lancer, des mouvements répétitifs ou des appuis sur les mains, et peuvent s’aggraver en l’absence de renforcement et de rééducation adaptés.

Causes articulaires de la douleur au coude

Arthrose du coude

L’arthrose du coude correspond à une usure progressive du cartilage articulaire. Elle est plus rare que dans d’autres articulations, mais peut entraîner une gêne fonctionnelle importante, notamment chez les personnes actives.

Elle est le plus souvent post-traumatique, apparaissant après une fracture, une luxation ou une lésion articulaire ancienne du coude. Les symptômes peuvent survenir plusieurs années après le traumatisme, associant douleur mécanique, raideur et limitation des mouvements.

L’arthrose du coude peut également être favorisée par une surcharge mécanique répétée, en particulier chez les sportifs et les travailleurs manuels. Les contraintes répétées sur l’articulation entraînent une usure progressive du cartilage, même en l’absence de traumatisme initial identifié.

Les manifestations cliniques associent le plus souvent une douleur mécanique, une raideur progressive, surtout en extension, et parfois des blocages articulaires liés à des irrégularités cartilagineuses ou à des ostéophytes.

Raideur articulaire

La raideur articulaire correspond à une diminution de l’amplitude des mouvements du coude.
Elle est fréquemment liée à une atteinte cartilagineuse, une contracture de la capsule articulaire ou une inflammation chronique.

Elle peut devenir plus handicapante que la douleur elle-même et altérer les gestes simples du quotidien, notamment après une immobilisation prolongée.

Quelles sont les causes les plus fréquentes de douleur au coude ?

Le plus souvent une tendinopathie (tennis elbow ou golfer’s elbow).

Le tennis elbow est-il réservé aux sportifs ?

Non. Il est fréquent chez les travailleurs manuels et le travail sur ordinateur.

Quelle est la différence entre tennis elbow et golfer’s elbow ?

Le tennis elbow est externe, le golfer’s elbow est interne.

Une douleur au coude peut-elle venir d’un nerf ?

Oui, surtout le nerf cubital, avec fourmillements dans les 4e et 5e doigts.

Une douleur au coude sans traumatisme est-elle possible ?

Oui, la majorité des cas sont liés à une surcharge répétée.

Quand faut-il s’inquiéter ?

Si la douleur persiste, s’aggrave, ou s’accompagne de perte de force ou de fourmillements.

Comment calmer une douleur aiguë au coude ?

Repos relatif, glace, antalgiques. Éviter les gestes douloureux.

Les anti-inflammatoires sont-ils toujours utiles ?

Utile à court terme, mais insuffisant seul pour guérir.

La kinésithérapie est-elle vraiment efficace ?

Oui, c’est le traitement de base dans la majorité des cas.

Les attelles ou coudières servent-elles ?

Oui, surtout au début, pour diminuer la contrainte mécanique.

Les infiltrations sont-elles dangereuses ?

Non si bien indiquées, mais elles ne sont pas systématiques.

Le PRP est-il utile pour le coude ?

Oui dans certaines tendinopathies chroniques résistantes.

Le needling est-il efficace ?

Oui dans certains cas pour stimuler la réparation tendineuse.

Combien de temps dure une tendinite du coude ?

En général 6 à 12 semaines, parfois plus si chronique.

Vais-je pouvoir reprendre le sport ?

Oui, avec une reprise progressive après amélioration.

Y a-t-il un risque de récidive ?

Oui, surtout sans prévention ni correction des gestes.

La chirurgie est-elle fréquente ?

Non, elle concerne une minorité de patients.

Une douleur au coude peut-elle guérir seule ?

Oui parfois, mais une douleur qui traîne doit être évaluée.

Chirurgien orthopédiste à Paris

Dr Alaeddine JABALLAH

Chirurgien orthopédiste spécialisé dans le traitement des pathologies de l’épaule, de la hanche et du genou à Paris, je suis enregistré au numéro RPPS 10108821678 et reconnu par l’Ordre des Médecins pour ma prise en charge des blessures sportives et post-traumatiques.

  • Membre de la SOFCOT, je centre ma pratique sur l’exigence, la précision et la sécurité.
  • Polyglotte (anglais, arabe, français), j’accueille des patients internationaux pour une prise en charge adaptée
  • Chirurgien orthopédiste et traumatologue, je suis en veille constante pour vous proposer les dernières avancées en matière de traitement.